Ensuite, Piazzolla s'associe avec le poète Horace Ferrer, avec qui il crée les tangos les plus connus de son répertoire : « Chiquilín de Bachín » et « Balada para un loco ». Au tout début des années 1970, Piazzolla part en Italie. Ils écrivent ensemble l'opérette Maria de Buenos Aires qui n'a aucun succès. Il se lie avec Amelita Baltar qui est l'égérie de toutes ces chansons, plus inspirées par la variété que par le tango.
Piazzolla monte un nouvel ensemble le nonetto avec lequel il enregistre deux disques. Il tourne en Europe. La batterie apparaît à cette époque dans sa musique. Il écrit le « concierto nacar por ce nonette et orchestre » (concerto grosso).
Il monte en 74 le conjunto electronico avec orgue, basse électrique, flûte, clavier. L'esthétique est tournée vers la pop musique. C'est l'œuvre la moins intéressante. Dans les années qui suivent, il compose de nouveaux tangos à succès (Libertango, Amelitango, Suite trolienne et lumière) et se rapproche à nouveau du jazz, par un disque composé avec le saxophoniste Gerry Mulligan.
De 79 à 88, Astor Piazzolla renoue avec son quinteto d'avant avec Pablo Ziegler au piano, Hector Console à la basse, Oscar Lopez Ruiz puis Horacio Malvicino à la guitare et Fernando Suarez Paz au violon. Le succès est fulgurant. Il multiplie les tournées à l'étranger. Les commandes d'écriture affluent (films, suites pour flûte et guitare, concertos Acconcagua et Hommenaje a liege, quatuor four for tango (kronos quartet) et la sonate le grand tango pour Rostropovitch). Mais Astor Piazzolla n'est pas vraiment conscient de cette reconnaissance. Il se battra jusqu'au bout contre ses détracteurs alors que le tango nuevo reçoit enfin la considération qu'il mérite.
En 1989, il met en place son dernier groupe, le Sextet « Nuevo Tango », de composition inhabituelle qui rappelle l'octeto Buenos Aires : deux bandonéons (lui et Daniel Binelli), un piano (Gerardo Gandini), une contrebasse (Hector Console ou Angel Ridolfi), une guitare électrique (son vieux complice Horacio Malvicino) et un violoncelle (José Bragato puis Carlos Mozzi). La musique est sombre et résolument contemporaine.
En 1990, juste avant une attaque cérébrale dont il ne se remettra pas - il meurt à Buenos Aires deux ans plus tard - Astor Piazzolla se confie à Natalio Gōrin : J'écoute du tango depuis l'âge de huit ans et je reconnais que certains de ces grands musiciens ont influencé ma musique. Je les respecte parce qu'ils ont trouvé un style propre. Quand on crée, il faut avoir son propre style. Sans style, il n'y a pas de musique.