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tanguardia.com
L'album  "Cuarteto"

Le CD « Cuarteto » : L’incandescence de Tanguardia


Le quartet montpelliérain livre une interprétation phosphorescente de la musique d’Astor Piazzola.

    Mea culpa. On a parfois les idées raides. Comme de penser qu’il n’est de bon flamenco que de gitan de Jaen ; de bon reggae que de rasta de Port-au- Prince ; pareillement de bon tango que de sous-prolétaire de Buenos Aires. Et alors on n’écoute pas vraiment le groupe montpelliérain Tanguardia.
    Ce nom est une contraction de « tango » et de « nueva guardia », ce courant novateur, des années 60-70, dont Astor Pïazzola est le porte-étendard. Et,bon sang, point de folklore là-dedans ! Gardel était toulousain ; Piazzola Italien de New-York. S’il épousa un jour le tango, c’est pour s’être vu offrir un bandonéon par son père. Eût-ce été un saxophone, qu’il aurait joué du jazz, disait-il.
    On se retrouve ainsi libre d’esprit pour écouter nos quatre Montpelliérains. Tous musiciens confirmés (orchestre philharmonique, opéra…) qui trouvent là de grandes générosités de solistes dans l’impro, libres et sûrs d’eux. Dont une femme, ce qui n’est sûrement pas neutre, dans l’idée.
    La pochette de leur CD « Cuarteto » est illustrée, pour commencer, d’une photo de leurs instruments. Pas d’eux-mêmes. C’est un signe. Sur cette musique très écrite  -Piazzola avait une solide formation classique-  une lumière très claire est jetée sur le clavier,la contrebasse, le violon, le bandonéon ; sur chacun, dans ses contrastes et ses ombres, qui passionnent l’oreille. Lorsqu’ils viennent à se marier, alors ce sont de belles recherches, et de grandes ivresses d’accouplement.
    Sentiments francs, intenses ; plongées intimes, échappées allégoriques ; pensées variantes, âmes complexes. Voilà qui est à cent lieues des torpeurs langoureuses figées par des clichés poussiéreux.
    Tango, musique vivante d’Argentine et de Montpellier.

Gérard Mayen             Le Midi Libre 2003.
  
Toutes les oeuvres enregistrées ont été composées par
Astor Piazzolla
excepté "Chique" (R.L.Brignolo)
  
Michelangelo 70
 
Invierno Porteno

La muerte del angel
Adios Nonino
Chique

Contrabajissimo

La milonga del angel
Escualo

La Cumparsita

Tangata
  
Piano: Anne Pagès Contrebasse: Jean-Marc Fouché
Violon: Thierry Croenne Bandonéon: William Sabatier